Des champs en « gratte-ciel » dans la ville.


Comment nourrir une population passée de + 549 % en 2 siècles avec la même surface de terre et le même volume d’eau douce ? On a le droit de dire « joker », c’est pas interdit. Cependant, dans la série “ça reste jouable”, plusieurs innovations récentes présentées au salon Fruit Logistica de Berlin, laissent entrevoir des développements révolutionnaires pour une agriculture bio et high tech, capable de nous sortir de la panade. Des solutions à la fois ambitieuses, ingénieuses, et … réalisables.

Courbe de croissance démographique de l’an zéro à nos jours.

Rappel du contexte

Nous avons mis 100 000 ans pour passer de 0,5 million d’individus à 1,128 milliards d’individus dans les années 1850. Depuis lors, la population a connu un accroissement vertigineux. En 2018, nous sommes près de 7,125 milliards d’humains à nous partager les ressources de la planète.

Si certains démographes envisagent que la courbe pourrait s’infléchir dans les prochaines années, d’autres prédictions considèrent plutôt que l’on va continuer à prendre cher. Nous pourrions ainsi être près de 9,20 milliards d’individus à batifoler sur la boule en 2030.

Parallèlement, les terrains exploitables par l’agriculture et l’élevage sont arrivés à saturation, et les volumes d’eau douce « accessibles » restent les mêmes depuis la nuit des temps (Soient 2% des 5% de toute l’eau présente sur le globe; les 95% restants constituées d’eau marine et bêtement salée).

Bref, depuis la révolution industrielle et l’urbanisation qu’elle a rendu possible, l’humanité a connu un succès démographique qui pourrait aussi engendrer sa perte.

Ok, y’a pas l’feu au lac? La terre est grande, on a l’temps de voir venir ? Pour l’option A: la guerre, l’hécatombe, on a bien compris qu’on n’a toujours pas le médicament. Ça, c’est noté, le vivre ensemble, j’ai bon espoir.

Pour l’option B, en revanche, on salue les artistes. De nombreux chercheurs et entrepreneurs imaginent dès-maintenant les solutions technologiques qui pourraient permettre à l’humanité de survivre.

Des avancées technologiques révolutionnaires.

Parmi les avancées technologiques agricoles, citons les innovations présentées cette année, au salon Fruit Logistica de Berlin.

En premier lieu, la ferme hydroponique en surpression marine, développée en Australie, qui pourrait permettre de faire pousser des légumes en utilisant l’eau salée.

Sans énergie fossile, sans insecticides chimiques, sans eau douce, cette ferme solaire de Sundrop Farms fait sortir des tomates du désert grâce à deux ressources naturelles gratuites, le soleil et l’eau de mer.

Ses concepteurs, la société néerlandaise Van der Hoeven, et le danois Al Borg, ont imaginé une ferme de 200 000 mètres carrés de serres de verre, entourée de 22 000 miroirs. Ces derniers attirent les rayons du soleil en les concentrant au sommet d’une tour, sorte de bouilloire géante, où l’eau de mer se dessale sous une température de 800 degrés.

La vapeur d’eau, sans cesse réutilisée, sert aussi bien à alimenter une turbine qui génère de l’électricité qu’à rafraîchir la serre et à irriguer les plantes qui grandissent sur des substrats de fibres de noix de coco ou de roche volcanique, enrichis d’éléments nutritifs.

La ferme gratte-ciel DragonFly, de l’architecte Vincent Callebaut.

Autre idée à gros potentiel: développer des cultures maraîchères hors-sol dans des buildings géants. Il s’agirait d’immeubles où les plantes seraient cultivés à grande échelle, avec aussi la possibilité d’y installer des terres d’élevage.

L’un des projets futuristes les plus spectaculaires, est la tour haute de 600 mètres, le Dragon Fly, imaginé par l’architecte Belge Vincent Callebaut. Ses deux ailes de verre dévoilent des vergers, des potagers, des rizières, des champs de blé et des prairies où paissent des vaches. Cet édifice reste encore de la science-fiction, mais les technologies nécessaires à la réalisation d’un tel projet sont désormais disponibles.

Pour exemple, le pionnier en la matière : The Plant, installé depuis 2010 dans une ancienne usine de Chicago de 24 000 mètres carrés et qui recrée sur ses trois étages un écosystème où les différentes productions fonctionnent en symbiose les unes des autres.

Les végétaux sont cultivés hors-sol, sur un substrat constitué de sable, de billes d’argile et de laine de roche, irrigué au goutte à goutte par une solution composée d’eau distillée et de nutriments.

La part de ce mélange non absorbée par les plantes pourrait également être recyclée, ce qui réduirait de 70 % leur consommation d’eau.

Projet de tours en bois à Tokyo par Sumitomo Forestry.

Make it look Nice.

Parions que ces futurs terrains agricoles, conçus à la verticale, pourraient constituer une solution capable de nous faire sortir par la grande porte et par le haut d’une problématique qui met en jeu la survie des générations futures.

On se prend à rêver de gratte-ciel verts qui parsèmeront nos futurs paysages. Tels des data-centers dont les serveurs et les racks seraient des sillons de salades, de manioc, d’algues et de blé, ces immeubles futuristes viendront-ils compléter nos capacités nourricières ?

Dans cette optique, leurs concepteurs devront leur donner de l’allure et du style. Destinées à être implantés dans nos villes, ces tours auront l’obligation d’être belles autant que fonctionnelles.

Parmi les projets architecturaux, dont l’esprit et les lignes pourraient inspirer la réalisation grandeur nature de ces fermes gratte-ciel, plusieurs pistes peuvent être évoquées.

Citons le pont aux arbres en pot de Paul de Ruiter à Amstelveen (près d’Amsterdam), la future tour en bois (plus haute que la tour Eiffel) de la société Sumitomo Forestry à Tokyo, ou encore les 2 tours végétalisées de l’architecte Stefano Boeri à Milan.

Lien de l’article :
* Hydroponie, serres en surpression, l’agriculture du futur s’expose à Berlin 

* Le Pont aux arbres en pot Paul de Ruiter (Paul) [Amstelveen]

* Les forêts verticales de Milan, un énorme succès international.

* Seabin Project, Idée à la cool pour nettoyer les petites et les grandes zones portuaires, les marinas, l’océan, et la mer.

Pierre Catel - Concepteur rédacteur et gentil organisateur du collectif de créatifs freelance SPACE-MONKEY Création.

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